J16 jeudi 19 juin 2025 Templenoe – Killarney

Etape 12

Le Gap of Dunloe est un col à l’ouest de Killarney. On y accède en empruntant la Black Valley et longeant le Parc national de Killarney. La route étroite dévoile des paysages sur la vallée riches de lacs et de tourbières…
En suivant cet itinéraire, nous choisissons de ne pas suivre la route touristique du Ring of Kerry. D’après les retours des autres cyclistes rencontrés, ce tour ressemble à la cote de Beara et plus loin celle de Dingle, en plus fréquenté et touristique. Nous ne visiterons donc pas la cité de Waterville qui eut le privilège d’être la résidence de villégiature de Charlie Chaplin dans les années 60.

Le Gap of Dunlop de Coco

Aujourd’hui c’est la grande étape. Depuis trois jours je regarde les bosses sur Openrunner, je décortique tout le rouge, je zoome, j’observe le pourcentage des pentes et, bien sur, je ne retiens que les 13% et 15%. Je m’inquiète, j’ai mal aux cuisses par avance, les muscles se raidissent, le mental s’affole. Mais pourquoi je n’ai pas pris un vélo électrique ? Je maudis le vendeur qui m’a dit que Coquelicot suffirait et que les cuisses se feront. Heureusement Jean Jacques est toujours prévenant : « on le fera en deux jours, je te pousserai ». Rien n’y fait, j’angoisse.
Après le petit déjeuner, très consistant, sans gras mais avec du « Granola », des fruits, du yaourt, pour les protéines (n’est ce pas Hugo !) nous quittons l’auberge à 8h30.
Michelle, l’australienne, nous souhaite « bon courage » avant de retrouver les endroits ou vécurent ses ancêtres. Des les premiers tours de roues, la pente commence brute, rude, même Jean Jacques met pied à terre. On pousse, dit-t-il, à froid, c’est préférable.
Jean Jacques monte Rucio sur 200 mètres puis redescend chercher Coquelicot. Je ne dit pas non, de toute manière je n’arrive pas à le monter.

Au tournant, la pente s’adoucit. Cette fois-ci, sur les vélos, petit plateau, grand pignon, doucement ça monte. Il fait beau, la baie s’étire dans le fond, les prairies glissent jusqu’à l’océan. Mais déjà, Jean-Jacques annonce que la première bosse est passée.
« Ah ! Ce n’est que ça ? C’était la plus raide et la moins haute ».


La descente commence, quel plaisir de voir le paysage défiler. Lors d’une pause, un automobiliste s’arrête. Visiblement il a envie de parler. Quand il apprend que nous sommes français, son regard s’éclaire. Il nous raconte son histoire. Lorsqu’il était jeune il a été accueilli par une famille française dans le cadre d’échange.  Cette famille vivait près de Sens dans un château. Il y a été tellement bien accueilli qu’il considère que c’est sa deuxième famille. Aujourd’hui, à 83 ans il continue de correspondre avec les deux filles de la famille, mais bizarrement il ne parle que très peu le français. Cette rencontre égaye notre matinée.
Au pied de cette première grande descente on arrive près d’un lac. Entourée de sommets, en fond de vallée, se dessine au loin le deuxième col de la journée.

Pour me donner du courage j’écoute un podcast sur l’Odyssée. Je remets le petit plateau et le grand pignon (1-1) et on avance doucement. Lentement, presque sans s’en rendre compte, nous voilà au sommet de la deuxième difficulté du jour. On voit la vallée de l’autre coté, la « Black Valley ». Dans mes oreilles Ulysse continue son épopée avec les sirènes, nous, ici c’est le chant des oiseux qui nous charment. A ce moment là je sais que ce soir,  j’arriverai au bout de l’étape.

Coté descente


Lorsque j’arrive au pied de la deuxième descente Jean Jacques discute avec Carlo. Luxembourgeois, récemment retraité, il étrenne son vélo et ses équipements. Pour son premier voyage, il est parti de chez lui il y a sept semaines, en passant par Cherbourg. Puis, une fois débarqué du ferry, il voyage sur les terres d’Irlande.
Son aventure va bientôt se terminer, ses voyages à vélo, certainement pas.

Carlo

Arrêt casse-croute au bord d’un ruisseau. De l’autre coté de la rivière, passent des calèches. Aurions nous changer d’époque ? Non, nous sommes en bordure du parc national de Killarney et les promenades à cheval y sont très prisées, une sorte de Gavarnie.
Après le repas on attaque l’ascension la plus longue, le col de Dunloe (Gap of Dunloe) Pour la première fois du voyage, il fait chaud. Pas un nuage, la montée dure trois kilomètres. Je mets un point d’honneur à ne pas descendre de vélo mais j’ai besoin de quelques pauses. Arrivés au sommet un couple qui venait de nous doubler en voiture, nous félicite.

L’arrivée est proche
Gap of Dunloe coté descente


Nous sommes heureux et admirons le superbe paysage qui se découvre.
La descente, une formalité.

Au fond le col…
Rencontre sur le chemin …

Un arrêt à la distillerie de Killarney. On ne goutera pas le whisky réputé. Leur bière est excellente pour fêter ma victoire sur les trois ascensions de la journée.

Arrivée au camping.
Ce soir, après les pâtes au pesto de la veille, nous retrouvons les pâtes à la tomate.

Résumé
40,41 km – 702m D+
Beau-chaud
camping

4 réponses à « J16 jeudi 19 juin 2025 Templenoe – Killarney »

  1. Bravo pour la performance !!!
    Les paysages sont magnifiques.

    Profitez bien de la fraîcheur, ici c’est la canicule 🥵

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  2. Avatar de frederiquehallard1
    frederiquehallard1

    Discours en l’honneur de Coco et de Coquelicot, les plus fadas d’Irlande.

    Coquelicot… Un nom de fleur pour un cœur d’acier et une âme trempée dans la pluie irlandaise. Ce vélo, rouge comme un guerrier indien, a osé ce que peu de cycles osent : franchir non pas un, non pas deux, mais trois cols irlandais !

    1er col : le mont « Je-ne-savais-pas-que-ça-montait ». Une pente sournoise, tapie dans les nuages et le vert des prairies. Coquelicot n’a pu l avalée, chaîne grinçante, le coeur meurtri.

    2ème col : « La côte-qui-n’en-finit-pas-mais-en-fait-si ». Une montée dont même Ulysse, le héros légendaire, refusait de croire l’existence. Et pourtant, notre vélo l’a domptée, comme un marin naviguant sur la mer Egée.

    3ème col : « La Vallée du Diable ». Un nom effrayant, une pente à faire pleurer. Coquelicot, les pneus crevés d’émotion, a tout donné. Il a transpiré de l’huile, mais il a tenu bon.

    Et comment parler de l’exploit de Coquelicot sans évoquer sa fidèle cavalière, Coco, l’intrépide cycliste au panache… disons… unique !!!!

    Coco, vêtue de son traditionnel sac poubelle jaune, percé aux ciseaux de cuisine flottant fièrement au vent comme une bannière de folie douce. Le visage cramoisi, plus rouge qu’un homard en sauna, le souffle court et le regard déterminé.

    Et pourtant… Elle a pédalé, elle a souffert, elle a juré dans toutes les langues celtiques connues . Une vraie guerrière, une légende !!

    Alors, à Coquelicot le vaillant, et à Coco la flamboyante en sac-poubelle : merci pour ce moment de gloire, de sueur, de folie …

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    1. 👏😂😘

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  3. Bravo à vous deux ! Le vendeur avait raison, les cuisses s’y font 😉

    Gros bisous !!!

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