
Etape 3 Ancenis – Angers
lundi 15 mai J3
Distance : 67 km
Cumulé : 240 km
Le voyage a vélo c’est fait de petits plaisirs: s’arrêter en traversant un pont pour regarder la rivière couler, observer en passant les coquelicots qui illuminent le chemin, écouter le chants des oiseaux et regretter de ne pas savoir les reconnaitre. Le soir c’est savourer le silure fumé de Matéo, apprécier sa saveur fine et pourtant puissante. Enfin, sous la tente, il est si agréable de sentir la couette légère sur les cuisses endolories et la douceur du drap cousu avant le voyage.

Ce matin nous partons d’Ancenis. Dans le camping, quatre voyageurs. Un monsieur avec ses deux dames à vélo ils allaient jusqu’à Nevers lui avec une remorque, elles, à vélos électriques. On sentait qu’ils avaient l’habitude. Ensuite Thomas, la quarantaine, adepte du bikepacking. Pour ceux qui ne savent pas, c’est un voyage à vélo avec petits bagages et grosse vitesse le contraire de nous qui avons gros bagages et petite vitesse ! Puis un couple avec deux chiens, ils voyagent à pied, lui tire une carriole contenant tout le matériel et elle, tente de maitriser la fougue des 2 chiens. ( au fond il y a plus fous que nous !).


A 10h45 restant seuls nous fermons le cortège. Le pont traversé, le chemin part à droite pour suivre le fleuve. A ma grande surprise Jean Jacques propose de changer d’itinéraire pour passer dans les villages. Une première montée suivi d’une première descente; je me dis bon ce n’est pas grave ça passe encore. Puis on reprend une deuxième montée plus longue et plus dure et là je vois Jean Jacques s’éloigner, nous n’avons fait que 5 km et il y en a 65 a faire aujourd’hui. A la troisième montée la bicyclette sous mes pieds n’avance plus et le vélo dans ma tête commence à démarré à 100 à l’heure : « je ne vais pas y arriver ! c’est trop dur ! tu es folle d’avoir voulu ce voyage ! Jean Jacques va s’ennuyer ! Au premier lacet je descends du vélo les larmes aux yeux, dépitée. Jean Jacques fait demi tour et se prend une engueulade en règle. Lorsqu’il me propose de redescendre sur la Loire je suis si vexée que je décide de continuer. Je reprend mon souffle pousse un peu mon vélo et regarde les vignes autour. C’est vrai que c’est beau ! Peu a peu je remonte sur l’engin et je pense au livre que je lis. Certes j’ai peur de ne pas y arriver mais si je profitais simplement du paysage et du moment présent sans me poser de question ? La route devient plus facile et les cotes suivent les descentes sans douleur. A un croisement, je décide d’aller voir un moulin un peu plus haut. Jean Jacques laisse faire sans rien dire (un soufflon ça lui suffit pour la journée). Arrivée au moulin devant ce paysage j’ai ressenti un immense plaisir et le plaisir du jour sera celui-ci. Le bonheur de ne pas m’être découragée et d’avoir pu profiter du paysage. Agréable fût la descente qui suivie.




L’employé de travaux publics de Savennières nous indique le chemin menant à Angers. Il nous conseille de ne pas quitter le village sans visiter l’église du XIIeme regrette que nous ne voulions pas rebrousser chemin de 2km pour visiter l’abbaye de Béhuard sur l’île Mureau, du XIIeme également. Alors il change de sujet. « Ici c’est le vin ! » Il énumère quelques châteaux, nous signale qu’il y a aussi les coteaux de Layon et bien sûr la Coulée de Serrant. Une appellation pour un seul propriétaire. Ces 7 hectares dominant la Loire produisent un des meilleurs vins blancs du monde. La conversation aurait pu se poursuivre si son collègue n’était pas venu le chercher. Alors dans un grand sourire et d’un signe de la main : » C’est un fonctionnaire, il fait pas d’heures supp ! »


La pluie menace, les coteaux sont trop hauts et les sacoches trop pleines. L’arrivée sous des trombes d’eau nous permettra d’appliquer la devise négociée au départ :
Arrivée sous la pluie
Au sec sera la nuit.
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