
Etape 18 Digoin – Montceau les Mines
jeudi 01 juin J23
Distance : 65 km
Dénivelé + : 592m
Cumulé : 1025 km
Cumul dénivelé + : 5189m

1000 km
1000 kilomètres
1000 kilomètres en vélo, ce n’est pas rien.
J’en suis encore étonnée. La route a défilé sous mes roues avec assez de régularité.
Au départ je me suis lancé le défi d’aller voir la mer Noire à vélo.
Quand je regardais la carte ça faisait un grand trait à travers l’Europe mais ce n’était pas concret. Là, sur la route, mon coccyx en contact avec la selle, mes poignets ressentant la moindre secousse du revêtement, mon visage frémissant sous les bourrasques du vent du Nord, le trait rouge de la carte prend vie.
Je ne dirai pas que c’est facile car ça ne l’est pas et pourtant ce n’est pas si difficile que ça. Quand ça monte je change de braquets et je pousse plus sur les cuisses. Je ne me soucie plus de la vitesse même si Jean Jacques arrive à marcher à côté de moi pour me tenir l’épaule (je ne suis pas dupe ça devient soudain plus facile). J’avance petit à petit et quel plaisir de voir le paysage défiler.
Le soir j’arrive fourbue mais la douche répare les muscles et un bon plat de pâtes ressource.
Le corps récupère beaucoup plus vite de la fatigue physique que du stress !
Alors j’attends avec impatience les 2000.

Hier soir à Digoin, arrivés au camping, formalités d’inscriptions remplies, en sortant de l’accueil l’hotesse nous rappelle « Claudine, Jean-Jacques j’ai un message pour vous » Etonnés nous prenons le post-it. «Nous aurions grand plaisir à avoir de vos nouvelles ! Bonne route » Il est signé de Robin et Maiwenn croisés à Muides sur Loire le 23 mai, il y a huit jours. Nous nous étions revus rapidement à Bonny sur Loire. Chaque fois le contact était agréable et les discussions animées. Ils roulent vers la Suisse avec un peu d’avance.
Ce fut notre vrai bonheur du jour ou le hasard n’a plus sa place. En effet, les probabilités de s’arrêter dans ce camping et que l’hôtesse d’accueil pense à nous remettre le message étaient vraiment faibles.
Heureusement les énergies communiquent et le peu de temps passé ensemble a suffit pour mutuellement nous apprécier. Je ne sais si nous reverrons Maiwenn et Robin, nous avons maintenant nos coordonnées et seule notre envie réciproque le décidera. Le voyage au long cours est ponctué de ces surprises qui ne sont inscrites dans aucun guide mais qui resteront, pour longtemps, en nos mémoires.
Longue et belle route Maiwenn et Robin, ce fut un plaisir de vous croiser.
Le canal latéral à la Loire devient à Digoin le canal du Centre ou canal du Charolais. Long de 114km il relie la Saône à Chalon et permet aux bateaux de basculer de l’Atlantique à la Méditerranée. Notre tracé le suit jusqu’à Paray le Monial, où se dresse la superbe basilique romane à l’architecture rappelant l’abbaye de Cluny que, malheureusement nous ne visiterons pas. Ville très agréable et accueillante, Paray le Monial mériterait plus de deux heures de visite mais, Istanbul est encore un peu loin et la suite de l’étape n’est pas facile.



En effet, quittant le canal, les 50 prochains kilomètres ne seront que montées et descentes. De coteaux en coteaux, la route ondule au gré des bourguignons mamelons. La campagne est superbe. Façon bocage, les haies entourent les prairies où rumine, lascive, la charolaise.




Montceau les Mines sera notre étape. Je n’imaginais pas cette ville, avec ce nom en Bourgogne, mais plus au nord vers la Lorraine. Et pourtant située au Sud-Ouest des grands crus à 60 kilomètres de Beaune, elle fut au centre du bassin minier de Saône et Loire exploité industriellement du XIXeme siècle jusqu’à la fin du XXeme.
C’est d’ailleurs au pied de la tour de la centrale au charbon arrêtée en 2000 que nous logerons, faute de camping à proximité.

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