
J35 Etape 29 Flaach 🇨🇭Danaueschingen Sources du Danube 🇩🇪
mardi 13 juin J35
Distance : 59 km
Dénivelé + : 853 m
Cumulé : 1642 km
Cumul D+ : 8987 m

Aujourd’hui est le grand jour, l’étape la plus difficile du parcours. Cette étape entraine des angoisses depuis le début du projet. Surtout qu’elle n’est pas sur la route de l’Eurovelo 6 mais commencer la descente du Danube par la source ça a de la gueule.
Seulement c’est 60 km avec des montées sur 30 km dont une à 15%. Or mes cuisses de cycliste débutant ne peuvent pas monter au delà de 7%. Il va donc falloir les contraindre, ces cuisses misent à rude épreuve depuis un mois.
Départ à 8h (cette fois-ci les résolutions de la veille sont respectées), toujours le même paysage de campagne. On longe le Rhin, ce très beau fleuve puissant, rempli, majestueux. Des gens se baignent sur les berges. Ils plongent en amont, le courant les emporte et ils remontent sur la berge plus loin. Après notre essai d’hier nous savons combien est agréable la sensation de se laisser porter par l’eau.
La route est gravillonneuse, monte, descend régulièrement.



Après 20 km arrivent les fameuses chutes du Rhin qui démontrent la puissance et le débit du fleuve. Ce n’est pas Iguazu mais elles impressionnent par leur débit et le bruit. Les suisses ont mis en place des escaliers et passerelles permettant de s’approcher au plus près. Les allemands ont construit deux tours juste en face pour pourrir le paysage. Quelques photos et selfie et il faut repartir. Puisse la force du fleuve nourrir les cuisses.







Commence alors une première vraie montée entre 2% et 5% à travers un paysage de sortie de ville avec des carrossiers, des supermarchés, des usines dont une très belle visiblement luxueuse IWC SCHAUFFHAUSEN, après recherche on comprend que la beauté des batiments va avec le prix des montres fabriquées. Nous avons hésité mais le temps presse et nous avons renoncé à l’achat !! La côte continue ainsi pendant une dizaine de km. Le revêtement est bon mais la route est passante. Heureusement l’espace réservé aux cyclistes est large. Au bout de quelques temps le chemin tourne sur une route plus petite qui traverse des villages. 35 km. Nous nous arrêtons à l’ombre pour manger juste avant la grosse montée. Le coach tient à tout prix à ce que je prenne des forces. Je suis obligée d’allonger mes cuisses pour les détendre (il faut qu’elle tiennent) . Après un repas de tomates et de fromage la course reprend. Le marquage de la route a changé il n’y a plus la bande cyclable et les piquets sur le bord de la route sont noir jaune rouge, nous avons changé de pays, sans nous en apercevoir et nous roulons en Allemagne. Deux kilomètres après nous retrouvons notre bande cyclable, bienvenue en Suisse. Une barrière rouillée, un panneau, des bornes dans les champs matérialise la séparation. Les frontières nous étonneront toujours. La route tourne dans ce décor champêtre et soudain surgit un mur face à moi. (Bon j’exagère un peu mais je comprends quand même que la grande côte est là me défiant). Je pédale très doucement en 1-1(cf 1ère leçon de cococyclopède) les cuisses brulent, à côté les cyclistes en vélo électrique m’encouragent en me doublant (du moins je l’imagine car je ne comprends rien). Soudain dans un virage ça bloque, malgré l’effort, le vélo ne bouge plus je suis obligée de descendre et de pousser le vélo. Mais, progressivement, le vélo ne veut plus avancer, même les pauses ne suffisent plus. Heureusement, le sauveur arrive en courant. Il a posé son vélo en haut de la côte. Il a compris la difficulté. À 17% impossible pour moi de pousser le vélo. Il reste 100m et, assis sur un banc, un couple de suisse francophone attend en regardant Hercule dans son treizième travaux ! La côte reprend mais plus douce et continue ainsi pendant 4 km.
Arrivés dans le village, l’abribus sert de lit pour une petite sieste, mais, après quelques minutes les mouches de la ferme nous font savoir qu’elles sont chez elles par des piqures douloureuses.






Il reste encore 15 km à faire pour arriver à Danaueschingen. La campagne est belle mais ces 15 km vallonés en valent 100. À 18h nous arrivons enfin au bord du Danube une toute petite rivière où nagent des canards.

Et enfin, le biergarten dans un parc. Je ne bouge plus. Elisabeth et Manfred, les amis de Brigitte et d’Herbert, arrivent. Ils nous invitent à nous ressourcer dans leur agréable maison.
La brasserie Furstenberg, du nom des princes qui vécurent dans cette ville, propose des mets régionaux. Que c’est bon le vélo quand ça s’arrête.

Ce fut dur mais il restera la fierté de l’avoir monté. Maintenant il reste plus qu’à redescendre…
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