
J39 17 juin Etape 32 Seefelden đ©đȘ – Tuttlingen đ©đȘ
samedi 17 juin J39
Distance : 55 km
Dénivelé + : 688 m
Cumulé : 1811 km
Cumul D+ : 10200 m

France
Suisse
Allemagne
AprĂšs avoir traversĂ© et reliĂ© deux lacs pour former le lac de Constance le Rhin est empĂȘchĂ© de poursuivre sa course vers lâOuest et bifurque au Sud. Pour le Danube sa descente depuis sa source vers lâEst est Ă©galement bloquĂ© par une barriĂšre qui culmine au environs de 900 mĂštres dâaltitude. Câest de part et dâautres de ces sommets que ces deux grands fleuves se croisent. Pour nous, aujourdâhui ce sera la troisiĂšme fois que nous passerons cet obstacle. La premiĂšre fois, en quittant le Rhin pour monter Ă Donaueschingen, la deuxiĂšme pour rejoindre le lac de Constance et finalement la troisiĂšme en suivant Ă nouveau lâEurovĂ©lo 6 pour rejoindre le Danube Ă Tuttlingen. MĂȘme si cette Ă©tape semble plus facile que les prĂ©cĂ©dentes, il faudra tout de mĂȘme parcourir 55 km et 688 mĂštres de dĂ©nivelĂ© dont quelques cotes Ă fort pourcentage.
Cette Ă©tape commence en suivant le lac, ses campings surchargĂ©s de camping-cars en ce samedi de week-end, ses champs couverts de cultures maraichĂšres. Soudain un champ de fraisiers exhale un parfum Ă faire arrĂȘter un cycliste. Au loin une lignĂ©e de parasols. Les ramasseurs de fraises, Ă lâombre ainsi que leur cueillette, avancent avec leur porte-cageots, le parasol et le siĂšge associĂ©s. Ne parlant ni turc ni allemand, je nâai pu communiquer avec eux. Plus loin des ramasseurs de « kartoffeln », une sorte de tapis roulant sâenfonce dans le sol sur une vingtaine de centimĂštres et remonte la terre et les pommes de terre. Les trieurs autour du tapis sĂ©lectionnent les tubercules. Un tracteur sâarrĂȘte, un conteneur de patates derriĂšre lui. Le conducteur discute un peu, toujours en allemand, et nous propose de garnir nos sacoches de sa production. Câest gentil mais il nous reste encore quelques cotes Ă monter.
Nous sommes Ă©tonnĂ©s, tant dans la partie suisse oĂč nous avons pĂ©dalé que dans cette partie de lâAllemagne du Sud de la difficultĂ© Ă nous faire comprendre et Ă communiquer. en effet, trĂšs peu de gens parlent une autre langue que lâallemand. Tous les prospectus touristiques, panneaux dâinformations ⊠sont Ă©crit uniquement en allemand.









3Úme leçon de coco cyclopÚde.
LâexpĂ©rience de ces derniers jours a mis en Ă©vidence les aptitudes et les techniques nĂ©cessaires pour faire du vĂ©lo.
Dâabord suivre les conseils de Sophie : pour avancer en vĂ©lo il faut pĂ©daler en continue et rĂ©guliĂšrement. Pour ne pas gaspiller lâĂ©nergie il ne faut pas pomper avec les bras. On ne pompe quâen cas de pneu dĂ©gonflĂ©.
Ensuite les conseils du coach principal, Jean Jacques : boire au moins trois bidons dâeau et manger des pĂątes de fruits (tellement dessĂ©chĂ©es quâil a dĂ» les acheter pour le Cap Nord) et des pĂątes dâamande. Pour les gels Ă©nergisants câest non non et non je nâen avalerai pas, câest trop horrible.
Continuer par ceux de Jean Pierre (JPO) : Monter la selle câest fait et câest mieux. PĂ©daler doucement dans les cĂŽtes sans chercher Ă aller vite mais simplement Ă monter. Cependant JPO jâai remarquĂ© quâau bout dâune certaine vitesse proche de zĂ©ro le vĂ©lo est instable et jâai Ă©tĂ© trĂšs Ă©tonnĂ©e lorsque mon Ă©paule a rencontrĂ© le gravillon du sol dans la pente. Donc il y a vraiment des moments oĂč, dans une cote, il vaut mieux pousser le vĂ©lo mĂȘme sâil est lourd. Ensuite ne contracter que les muscles nĂ©cessaires Ă faire avancer le vĂ©lo soit les quadriceps.
Jâai retrouvĂ© dans les commentaires de JPO, les enseignements de Muriel dans ses cours de yoga. Câest ce quâon fait pour garder une position exigeante. Rester zen et ne penser quâau moment prĂ©sent et se concentrer sur la respiration. Jâai appris ces attitudes avec Chantal en mĂ©ditation. Merci Chantal et Muriel je trouve vos conseils bien utiles aujourdâhui. Ainsi, petit Ă petit les cĂŽtes sont suivies par des descentes qui prĂ©cĂšdent dâautres cĂŽtes jusquâau camping et la biĂšre salvatrice. Car jusquâĂ prĂ©sent le voyage nâest pas is plat que ça. Il y a juste une technique que je ne maĂźtrise pas bien, malgrĂ© les explications de JPO et Jean-Jacques, câest passer les vitesses dans les cĂŽtes, sans les faire craquer. Aussi je suis preneuse de conseils personnalisĂ©s pour que mon vĂ©lo ne cri plus et que JJ arrĂȘte ses grimaces de souffrance quand il entend le bruit de la chaine.Â





La fin de lâĂ©tape nous permet de passer cotĂ© Danube. Avec beaucoup de tĂ©nacitĂ© qui dĂ©cuple la joie et la fiertĂ© dâavoir rĂ©ussi, nous arrivons au sommet et dĂ©couvrons le bassin du Danube, la forĂȘt noire et plus loin lâAlsace. Un dernier regard vers le Rhin, le lac de Constance et au l’horizon, Ă peine dessinĂ©es les Alpes suisses et nous plongeons vers Tuttlingen et le Danube que nous ne lĂącherons plus.


Ce soir câest jour de finale.
Le biergarten est une sorte de guinguette comme il en fleurit de plus en plus chez nous, mais ils sont plus traditionnels et nombreux en Allemagne.
Vu la hauteur des poteaux sur les stades et lâintĂ©rĂȘt supposĂ© des allemands pour le Top 14 je nâimagine trouver un endroit diffusant lâĂ©vĂšnement.
Le biergarten, donc, tout proche du camping, est un endroit idéal pour assister, vibrer, trembler, exulter devant la finale attendue.
AprĂšs mâĂȘtre fait servir un vrai demi, comme seuls les allemands sont capables de servir, me voici en place.
Et soudain Ă la 78eme minute Ntamack perçe la ligne dĂ©fensive de La Rochelle pour marquer lâessai libĂ©rateur, lâessai du bouclier. La tension et le stress emmagasinĂ©s depuis plus de 40 minutes se libĂ©rĂšrent Ă la vitesse de la course du demi dâouverture. Mes voisins allemands nâont pas compris le saut et le cri consĂ©cutifs Ă la magistrale Ă©chappĂ©e. Toulouse est champion de France.
Heureux, je pouvais regagner la tente.


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