J75-76 Etape 59 23-24 juillet Dunapataj 🇭đŸ‡ș Baja đŸ‡­đŸ‡ș

J75-76 Etape 59 23-24 juillet Dunapataj 🇭đŸ‡ș Baja 🇭đŸ‡ș

J75 dimanche 23 juillet
J74 lundi 24 juillet

Distance : 64 km
Dénivelé + : 43 m

Cumulé : 3283 km
Cumul D+ : 12748 m

3000 kilomĂštres

Ce matin direction Kalocsa, la cité du paprika.
Nous avons envie de savoir à quoi ressemble cette épice si prisée par les hongrois.
Comme l’EurovĂ©lo 6 ne passe pas par lĂ  nous crĂ©ons notre propre route. Je ne sais quels paramĂštres ont Ă©tĂ© saisis sur Openrunner mais au bout de 500 mĂštres nous nous retrouvons en plein champ sur un chemin de terre dĂ©foncĂ© par les roues des tracteurs. Au choix : suivre les traces de roues et ĂȘtre secouĂ©s comme des pruniers ou passer Ă  cotĂ© et s’enfoncer dans la terre sablonneuse.
Vingt kilomĂštres de cet acabit ça ne va pas ĂȘtre de la tarte. LĂ  je me sens dĂ©couragĂ©e, encore une journĂ©e de m
 Je peste sur mon vĂ©lo.

Que faire ? Dans la tourmente je me raisonne et regarde autour de moi. Que c’est beau, vraiment beau ! Les blĂ©s viennent d’ĂȘtre coupĂ©s et le champ Ă©tincelle comme de l’or avec la gĂ©omĂ©trie des murs de bottes empilĂ©es qui attendent d’ĂȘtre ramassĂ©es. Les maĂŻs, eux, sont d’un beau vert profond et les tournesols parsĂšment le paysage d’un jaune puissant. Au fond, les arbres, les clochers et les boules « Courmont Â» dessinent l’horizon. J’arrĂȘte le vĂ©lo ! Le silence est complet, pas d’oiseau, pas de machine, pas d’insecte bruyant, mĂȘme le vent s’est tut et lĂ , doucement, un papillon frĂŽle mon Ă©paule. Ma respiration ralentit, un sourire se dessine. VoilĂ  pourquoi je voyage pour ces petits moments de bonheur. A partir de lĂ , la route ne me parait plus si terrible et je m’émerveille pendant les 15 km restants. Jean-Jacques voulait que j’écrive quelque chose pour les 3000 km et bien c’est ça !
3000 km ça sert Ă  vivre ces petits moments de grĂące oĂč dans le silence complet on peut entendre le bruissement des ailes d’un papillon !
Et je me dis que souvent je me suis laissĂ© emporter par mes soucis et mes colĂšres alors que, peut ĂȘtre, dans ces moments lĂ , je devrais regarder l’horizon et Ă©couter le bruissement des ailes du papillon.

Le chemin a donc continuĂ© vers Kalosca passant par de petits villages. La route n’est pas devenue bien meilleure. Cependant, Ă  11h nous entrons dans le musĂ©e du paprika aprĂšs avoir dĂ©gustĂ© deux gĂąteaux bien crĂ©meux comme savent les faire les hongrois. Pour le musĂ©e du paprika, pas la peine de faire tout ce trajet, allez plutĂŽt Ă  Espelette et vous aurez la mĂȘme exposition. Le plus Ă©tonnant c’est que dans la ville nous n’avons pas vu une seule guirlande de piment et dans la campagne, nous avons vu un seul champ de paprika ! Comment font ils pour fournir toute la Hongrie ? Nous n’avons pas rĂ©solu le mystĂšre.

Kalocsa
… et son champs de paprika !

À 13h les Ă©ternelles sardines et tomates croque sel sont sortis des sacoches.
Puis dans une chaleur harassante nous avons repris la route de la digue, goudronnée à partir de ce village. Le paysage se poursuit identique, le Danube à droite et la grande plaine à gauche.

Une apparition rare agrĂ©mente notre aprĂšs-midi. En contrebas, Ă  100 mĂštres environ nos regards se croisent. Noir, haut sur pattes, une longue queue, un chat sauvage observe. Ne souhaitant prolonger l’entrevue il disparait dans le sous-bois souple et majestueux. Magnifique !

Jean Jacques est fatiguĂ©, il tousse de plus en plus depuis les bains de Budapest. Heureusement ce soir nous logerons au sec dans une chambre au Bristol palace, dans la ville de Baja, station de villĂ©giature au bord du Danube. Le Bristol palace n’a pas le standing que son titre pourrait faire penser et, le soir repas dans la cuisine mis Ă  notre disposition qui se compose des presque quotidiennes pĂątes Ă  la tomate et yaourt bulgare. Dans la nuit Jean Jacques a de la fiĂšvre et je dĂ©cide de ne pas repartir demain.

Prescription de repos complet pour le malade. Et comme pour toutes les ordonnances  il ne respectera que la moitiĂ©. A midi, le Doliprane ayant fait effet, nous sortons faire du vĂ©lo (pour Ă©viter l’état de manque) dans la ville et sur les iles environnantes.
En effet le Danube s’étend et se divise en plusieurs bras avec des zones d’étangs et de mangrove.
A 14h plat de poissons d’eau douce : silure frit, carpes rĂŽties et salade variĂ©e dans un restaurant du bord de l’eau.
Petite sieste pour le malade avant une sortie photo Ă  18h « car c’est Ă  cette heure-ci que la lumiĂšre est belle ! Â» Il va bien mieux aprĂšs cette journĂ©e et demain nous continuerons le trajet vers la Croatie.

Rhume Ă  Baja
Un jour et guéri déjà
Soigné comme un maharadja
au sirop de maracuja

6 rĂ©ponses Ă  « J75-76 Etape 59 23-24 juillet Dunapataj 🇭đŸ‡ș Baja đŸ‡­đŸ‡ș »

  1. Rendons lui hommage ! il fallait bien une derniĂšre prouesse pour clore ces 3000 kms :
    3 mots : Admirable, Fabuleuse, Merveilleuse !!!!!!!!!!! Une vraie femme de lettres et de caractĂšre!
    Cette Coco lĂ  est digne d’une Georges Sand, ou d’une Madeleine BrĂšs, 1ere femme mĂ©decin. Ce qui est sĂ»r c’est qu’elle brille autant par ses Ă©crits, ses rythmes poĂ©tiques, ses envolĂ©es lyriques que par la justesse, l’excellence, la perfection de son diagnostic.

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    1. Avatar de Claudine Manresa
      Claudine Manresa

      Je reste sans voix devant tant de compliments je t’aime Fred reste telle que tu es je t’appelle demain

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  2. Une santĂ© de fer ce JJacques, si ça se trouve c’est l’effet Paprika 😁
    Gros bisous !!!

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    1. Quelques lignes de paprika guĂ©rissent les sinus !😊

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  3. Claudine tu m Ă©pates par ton aisance du verbe et ta plume remarquable ! đŸ’ȘđŸ’Ș bravo et courage Ă  vous 2 pour ces petits moments de dĂ©couragement bien vite surmontĂ©s . Je vous embrasse 😘

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  4. Bravo pour ces 3000 bornes passées haut la main !

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