
J89 Etape 69 06 aoĂ»t Golubac đ·đž – Donji Milanovac đ·đž
J89 dimanche 6 août
Distance : 63 km
Dénivelé + : 483 m
Cumulé : 3897 km
Cumul D+ : 14944 m

Comme on dit dans les Carpates « les ours se suivent et ne se ressemblent pas. »Ce matin il fait presque froid. Plus de vent. Nous repartons sereins. Premier arrĂȘt aprĂšs 4 km pour voir la forteresse de Golubac Ă©merger de la lumiĂšre du matin.
A propos de Golubac, tous ceux qui ont essayĂ© de faire des jeux de mots avec Globulac et Dracula des Carpates pourront les laisser pour « comte ». En effet il ne sâagit de Globulac mais de Golubac. (DĂ©solĂ© je ne maitrise pas encore le serbe).



Les gorges des portes de fer sâouvrent. Une route bien asphaltĂ© et peu frĂ©quentĂ©e en ce dimanche 6 aoĂ»t suit les mĂ©andres du Danube qui sâest bien rĂ©trĂ©ci. Les sous-bois exhalent des odeurs dâhumus. Claudine sauve un Ă©norme escargot Ă©migrĂ© de Bourgogne qui se risquait Ă traverser.
Câest avec un peu dâapprĂ©hension que nous partons ce matin. Moultes compte-rendus de voyageurs Ă vĂ©lo parlent des routes de Serbie, Bulgarie, Roumanie et de leur dangerositĂ©.
De nombreuses photos de jeunes gens sur des plaques de marbre qui réguliÚrement balisent la route ne nous rassurent guÚre.
Casque, gilet jaune, lumiĂšres, nous progressons assez rapidement.
De lâautre cĂŽtĂ©, la Roumanie semble plus urbanisĂ©e. Il fait bon pĂ©daler et oublier le vent et la chaleur. Le dĂ©cor montagneux est bien plus agrĂ©able que les grandes plaines des jours prĂ©cĂ©dents.

AprĂšs 20 kilomĂštres, les panneaux nous proposent deux itinĂ©raires, la vieille route devenue piste pour un dĂ©tour vers les montagnes avec la promesse dâun point de vue sur des gorges ou la route actuelle qui en cette heure matinale est peu frĂ©quentĂ©e. Nous choisissons pour la premiĂšre option mĂȘme si elle promet une belle montĂ©e. Le petit plateau enclenchĂ© et câest parti pour 18 km de piste Ă peine carrossable, nids dâautruche (plus gros que des nids de poules), terre et sable ravinĂ©s par les pluies de la veille.

Un km plus loin, un 4×4 immatriculĂ© en Autriche sâarrĂȘte. Goran au volant, nous dissuade de continuer. « La route nâest vraiment pas bonne, vous allez galĂ©rer. » «La descente qui suit peut ĂȘtre dangereuse. » « Prenez la nouvelle route, mĂȘme sâil y a des tunnels, ça vaut mieux ! ». Et puis aprĂšs quelques minutes : « Vous aimez le miel ? »
« Heu ! Oui »
« Ok suivez moi ! » et il fait demi tour.
On le suit. 500 mĂštres plus loin, nous voici dans une cour de ferme entourĂ©s de chiens gentils, lâalambic Ă rakia Ă droite, le moulin Ă farine Ă gauche.
Yoka et Slobodan, les cousins de Goran nous accueillent. Nous dĂ©couvrons le moulin. Lâeau qui descend de la montagne est dĂ©viĂ©e dans une rigole. Lorsque le moulin doit fonctionner, lâeau est retenue puis lorsquâelle est lĂąchĂ©e, elle fait tourner une meule de pierre qui broie les grains de maĂŻs.
« Vous aimez le café ? »
« Euh ! Oui »
« Asseyez vous ! »
Un pot dâun kilo de miel est dĂ©jĂ sur la table. « Cadeau ! » nous dit Goran.
Le petit verre de Rakia, cette eau de vie de fruit (celui ci câest du coing) omniprĂ©sent en Serbie est dĂ©jĂ servi dans des petits verres Ă cotĂ© du pot de miel.
Impossible de refuser et Ă 11 heurs du matin cette eau de vie de coing dĂ©cape lâoesophage mais « câest goutu, ça a du retour ! ».
Goran : « Un bon rakia ne doit pas bruler en bouche et chauffer lâoesophage »
Celui-ci est bon !
Yoka amĂšne le cafĂ© turc. Goran nous explique que Slobodan cultive du maĂŻs issu dâune variĂ©tĂ© ancienne blanche « sans gĂ©nĂ©tique » Une farine grise en est extraite avec laquelle Yoka fait de la polenta.
« Vous aimez la polenta ? »
« Euh ! Oui »
Et Yoka porte sur la table un plat de polenta accompagnĂ© d’une poĂȘle de tomates cuisinĂ©es avec du paprika, des oeufs brouillĂ©s et du fromage et une assiette de fromage blanc salĂ© façon fĂȘta.
Goran : « Servez vous ! Il faut de lâĂ©nergie pour pĂ©daler⊠»
Et nous voilĂ invitĂ©s au repas de midi, tout le monde mange sous lâarbre de la ferme. Câest simple, spontanĂ©, gĂ©nĂ©reux.
Nous avons pas grimpé la vieille cÎte, ni admiré les gorges depuis le point de vue. Nous avons suivi les conseils de Goran et rebroussé chemin car ce repas improvisé vaut tous les panoramas.






De lâĂ©nergie, nous en avions. Envie de pĂ©daler un peu moins. Alors un arrĂȘt dans un beau musĂ©e est le bienvenu.
Dans les annĂ©es 60, des fouilles ont mis au jour des objets du quotidien, tombes, structures dâhabitations ⊠datant de plus de 6000 ans. On a vraiment aimĂ© cet endroit et la scĂ©nographie. Une partie des objets retrouvĂ©s avait dĂ©jĂ attirĂ© notre attention au musĂ©e national de Belgrade.


Les tunnels sont bien passĂ©s, Ă aucun moment nous nâavons ressenti de danger. Le parcours vallonĂ© comprenant une belle cote se termine Ă Donji Milanovac.


Et aprĂšs une pente trĂšs raide, nous voici, pour la nuit, dans une chambre ouvrant sur un magnifique panorama sur le majestueux fleuve bleu.


Et bien voilà ⊠Nous lâavons notre point de vue !
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