
J93 Etape 73 10 août Vidin 🇧🇬 – Kosluduy 🇧🇬
J93 jeudi 10 août
Distance : 101 km
Dénivelé + : 617 m
Cumulé : 4189 km
Cumul D+ : 16711 m
100 bornes, l’étape !
Ce matin il pleut et nous ne sommes pas en avance pour partir.
L’étape sera longue, 100 kilomètres, les premiers 100 bornes de Coco, avec des sacoches et du dénivelé. Au moins il ne fera pas chaud.
Départ de Vidin en longeant le Danube. Les mêmes immeubles « années 50 » décrépis et encore plus gris sous la pluie. La « piste cyclable » défoncée nous fait traverser une zone d’usines désaffectées et en ruine avant de nous jeter sur la route nationale.
Voulant faire une photo des décombres, deux chiens surgissent aboyant et tous crocs dehors. La journée démarre fort.

Route nationale, direction Sofia 222 kilomètres, je me souviens du panneau.
La pluie, le bruit des roues des véhicules sur l’asphalte mouillé, les camions qui nous frôlent, on ne peut éviter les branches qui dépassent des haies mal taillées.
Le danger sur ces routes ne vient pas de l’arrière. Dans l’ensemble les camions nous doublant s’écartent suffisamment. Même si le bruit et la hauteur des roues sont impressionnants l’espace laissé peu large est suffisant. Non, le danger vient de devant. En effet si un camion nous double alors qu’il en croise un autre, aucun des deux ne change de trajectoire ni ne ralentit. Et là il vaut mieux avoir un peu de place sur le bas-coté. Mes injures et gesticulations n’y font rien. Dans ces cas là, le cycliste n’existe pas !
L’enfer a duré 8 kilomètres. L’Eurovélo 6 est en développement sur cette zone, sur la Bulgarie en général je pense.
Tournant à gauche, sur une route plus étroite certes mais moins passante, ça va mieux. Jusqu’à ce panneau bizarre qui dévie camions et cyclistes sur la même route.


A ce moment là et jusqu’à l’arrivée, soit environ 70 kilomètres, on peut penser qu’un bulgare sur deux n’utilise pas comme nous une petite voiture pour se déplacer mais un semi-remorque.
Comme ils ne peuvent se croiser sans ralentir, ni rouler trop vite, ces mastodontes ne nous font plus peur. La prudence reste de rigueur tout de même !
A la sortie d’un village un groupe répète des musiques des Balkans, façon Bregovic… un mariage se prépare.

Sur un dégagement de la route, façon parking, nous rencontrerons un cycliste et son accompagnateur. Atteint d’un lymphome il y a quelques années et aujourd’hui guéri, ce cycliste réalise en une seule étape la traversée de la Bulgarie en suivant le Danube, la « Dunav Ultra ». Cela représente 740 kilomètres et 40 à 45 heures de vélo non-stop. Son objectif est de collecter des fonds pour la recherche médicale contre les lymphomes. Bien entendu, je lui ai parlé des « Bacchantes » la course que nous organisons le 5 novembre 2023 à Toulouse au profit de la recherche contre le cancer de la prostate. Même combat à 4000 kilomètres de distance.

Les zones traversées ainsi que les villages semblent déshérités. Nombreuses maisons et bâtiments en ruine, villages fantôme, la grisaille environnante n’améliore pas le tableau.
Je crie à une cigogne perchée sur son poteau de rester peinarde là-haut et de ne surtout pas descendre dans la pluie et le trafic.





Les petites villes sont espacées de quelques dizaines de kilomètres. A Lom nous trouvons une épicerie, mangeons au bord de la route sur un tonneau renversé qui sert de table.


Et c’est reparti. Il ne pleut plus mais à la sortie de la ville une sévère côte en partie pavée remplace la sieste. Quatre kilomètres de grimpette pour un profil descendant de 18 kilomètres, bien négociés. Il y en aura une seconde, à peu près la même, sans les pavés mais avec les camions, toujours.





Arrivés sur le plateau la vue est grandiose à droite le Danube et la plaine de Roumanie à l’infini, à gauche ce grand plateau de Bulgarie.
Dans le lointain se devine la chaine de montagnes des Balkans qui traverse la Bulgarie et la Serbie.


Ce que je décris correspond à ce que nous avons vu et vécu sur cet itinéraire qui longe le Danube, un jour de pluie. La Bulgarie mérite certainement beaucoup mieux et c’est la raison pour laquelle il faudra revenir explorer d’autres régions de ce grand pays.
Arrivés enfin à l’étape, BRAVO COCO pour ces cent kilomètres gérés sans faille, un hôtel au bord du Danube, architecture stalinienne, immense hall, larges couloirs, grande chambre avec vue nous attend.
Il faut maintenant récupérer …

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