Cracovie (mardi 25 juin)
Il est des villes que nous n’avons pas envie de quitter. Cracovie en fait partie. Malgré l’histoire tourmentée de la Pologne, la ville ne fut jamais détruite. Autour de son château, parmi les nombreux monuments, le long de la Vistule, dans les rues de la vieille ville il fait bon flâner et admirer les riches intérieurs des nombreuses églises.









Les fortifications qui l’entouraient n’existent plus. Seuls subsistent quelques vestiges et une barbacane, – poste avancé sur une fortification – (utile pour les mots croisés) dans un grand parc circulaire qui les a remplacés.



La fin de l’année scolaire a sonné. Quelques étudiants en costume de lauréat reçoivent leurs diplômes. Ils succèdent à Nicolas Copernic et à Karol Józef Wojtyła. Ce dernier, plus connu sous le nom de Jean Paul II, a fait toute sa « carrière d’ecclésiastique » à Cracovie avant de devenir pape en 1978. Ici il est devenu une véritable icône. Nous le voyons partout, sous forme de statues, mosaïques, plaques sur les murs des églises. Une expo photos lui est consacré dans un secteur du parc circulaire.




Une partie des 15 000 étudiants répartis dans 27 universités, animent les soirées du quartier juif tout proche.
Plus loin sur l’autre rive de la Vistule, l’histoire pèse sur l’ancien ghetto juif. Nombreux sont les drames et actes d’héroïsme qui se rapportent à cette période. Sculptées sur une grande place centrale du quartier, des chaises vides rendent hommage aux 65000 juifs disparus sur les 68000 vivants à Cracovie dans les années trente.




Le soir nous avions déjà l’habitude de nous retrouver autour du marché pour manger des zapiekanki, baguette coupée dans le sens de la longueur et garnie comme une pizza. Parfois c’est bon, ça dépend de la sauce. Des petits restaurants cuisinent des pierogi, plat typique de la cuisine polonaise. Des sortes de raviolis garnis de viande ou de légumes, bien meilleurs que les zapiekanki. Et bien sûr dans les cafés, sur les terrasses les dégustations de vodka auxquelles Coco commencerait à s’habituer !





Auschwitz (mercredi 26 juin)
Il est possible de visiter le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz – Birkenau sans guide mais à certaines heures. Sinon il est nécessaire de réserver un créneau horaire. Les demandes sont importantes. Un grand parking, une organisation bien rodée, des groupes organisés suivant la langue parlée. Par un long couloir, puis une marche d’une centaine de mètres nous entrons dans ce qui fut le camp le plus abominable du troisième reich et où fut mis en oeuvre la « solution finale ». L’ambiance est lourde, personne ne dit mot, seuls nos pas résonnent sur le gravier. Les groupes de 15 à 20 personnes se suivent dans les différentes salles, qui furent les lieux de détention et de souffrances de milliers d’innocents. Je n’en écrirai pas davantage. Le nombre de visiteurs et la rapidité avec laquelle s’enchaine les visites des lieux stérilise émotion et recueillement. Plus tard, avec un peu de recul, nous réaliserons ce que nous avons vu et entendu de la part du guide. Et même si nous connaissions toutes ces abominations, l’émotion fut grande. Je retient une citation et le texte écrit dans toutes les langues d’origine des martyrs d’Auschwitz – Birkenau au mémorial leur rendant hommage. Visite nécessaire pour ne pas oublier et pour réfléchir aux enjeux et au sens que nous voulons donner à notre vie.



La mine de sel de Wieliczka (jeudi 27 juin)
Douze kilomètres dans les faubourgs puis en banlieue nous ont permis d’atteindre le site touristique le plus visité de Pologne et la plus ancienne mine de sel exploitée du monde, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Pendant 700 ans, jusqu’en 1996 des mineurs sont descendus pour extraire des cubes de sel. Aujourd’hui encore, pour rendre la mine accessible des pompes remonte l’eau infiltrée et, par évaporation du sel est recueilli.
Visite guidée oblige, nous suivons le groupe dans des galeries humides à l’atmosphère salée suffisamment grandes pour permettre la circulation de wagonnets et chevaux durant son exploitation. La visite nous entraine à 135 mètres de profondeur sur les 345 de la mine et nous permet de ne visiter qu’une infime partie des 200 kilomètres de couloirs et pièces immenses. Interressante pour réaliser la taille des couloirs, des pièces voutées, pour imaginer le travail des mineurs au cours des siècles, contempler les statues de sel dans des chambres immenses et admirer la chapelle à l’intérieur de laquelle tout est en sel des lustres à l’inévitable statue de Jean Paul II.






Revenus à Cracovie nous nous disions que cette visite dite incontournable aurait pu être évitée. La surexploitation touristique, la foule et la visite elle-même ne correspondaient pas à nos attentes.
Le soir venu, l’ambiance était bien plus agréable dans cette brasserie dont les murs, recouverts d’anciennes fresques, témoignent qu’il s’agit d’une ancienne synagogue.

A ce jour, plus belle ville de notre voyage, Cracovie nous a ébloui.
Demain, vendredi 28 c’est à la gare que nous avons rendez-vous pour rejoindre Varsovie en train.

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