La frontiĂšre
Le grand lac offre une superbe vue depuis la maison dâAlbert. La frontiĂšre le partage. Albert parle trĂšs bien le français. Hier il fĂȘtait son soixante sixiĂšme anniversaire. Ses grands parents habitait dĂ©jĂ cette maison, pour leur malheur situĂ©e trop proche de la frontiĂšre. En 1945, sur ordre de Staline, ils ont eu trois jours pour dĂ©barrasser les lieux et ĂȘtre reloger plus loin âŠ
A partir de cette date, et le « ralliement » de la Lituanie Ă lâURSS des soldats soviĂ©tiques gardaient jour et nuit la frontiĂšre, officiellement, pour Ă©viter les entrĂ©es clandestines ⊠Car Albert a vĂ©cu ses trente trois premiĂšres annĂ©es en Union soviĂ©tique et nâaurait jamais cru, malgrĂ© sa maitrise du français un jour visiter Paris.
En repartant, le long de la route nous voyons les restes dâun kilomĂštre environ de clĂŽture barbelĂ©s. Un portail Ă©galement barbelĂ© barrait la route. Symboles conservĂ©s dâune Ă©poque rĂ©volue.


Lâancienne frontiĂšre
Ce matin on est parti du camping Ă 10h ( oui on a changĂ© dâheure en arrivant en Lituanie) pour 56 km qui devait ĂȘtre calme. Mais Ă 3 km du dĂ©part, aprĂšs les barbelĂ©s de la frontiĂšre, nous quittons le route goudronnĂ©e pour nous enfoncer dans une route forestiĂšre. Les arbres sont trĂšs beaux mais le chemin se rĂ©vĂšle horrible, du sable et des cailloux et rouler dessus sâavĂšre trĂšs difficile. De plus ce doit ĂȘtre une route de motocross car des vingtaines de moto nous doublent bruyamment en soulevant des tonnes de poussiĂšres. Pour couronner le tout on subit une invasions de taons qui nous piquent dĂšs quâon sâarrĂȘte.

Au bout de 5 km Jean Jacques me dit quâune route plus importante et goudronnĂ©es arrive bientĂŽt. Et cette route arrive, ouf! bien goudronnĂ©e, elle est peu frĂ©quentĂ©e câest super mais une fois le village passĂ© lâasphalte disparaĂźt et nous retrouvons le sable du dĂ©but car la route est en construction, visiblement le revĂȘtement nâest pas encore arrivĂ©. Et pendant plus de 10 km on surfe sur le sable. Dans les descentes, on est toujours au bord de la chute et dans les montĂ©es, les roues sâenfoncent alors je descends et je pousse, ça va plus vite. Si on ne pĂ©dale pas dans le sable mou et le gravier, la tĂŽle ondulĂ©e nous secoue !
Nous galĂ©rons en tout pendant 23 km sur ce sol. Quand enfin on voit le goudron câest le bonheur on fĂȘte ça par un repas au bord dâun lac : restes de pĂątes dâhier, foie de morue (achetĂ© par erreur) tomates Ă croque selâŠ





Puis on reprend la route mais dix kilomĂštres aprĂšs on tourne Ă gauche et Ă nouveau un chemin forestier avec le mĂȘme sable et encore 5 km Ă pousser le vĂ©lo ! Puis 20 km de nationale bien roulante pour boucler les 61 kilomĂštres de l’Ă©tape.
A 18h on arrive au camping 4* de Drukininskai, je suis extĂ©nuĂ©e, 4 Ă©toiles certes mais lorsque jâarrive Ă la douche jâai la bonne surprise de nâavoir que de lâeau froide⊠Ce nâest pas ma journĂ©e ! Vivement demain. Et cette fois je vais vĂ©rifier que Jean Jacques prend lâoption vĂ©lo de route et non « gravel » en espĂ©rant que les lituaniens nâaient pas eu la bonne idĂ©e de refaire la route Ă emprunter, sans la terminer !
J59 Ătape 43 jeudi 4 juillet 2024 Udininkai đ±đč – Druskininkai đ±đč
KilomĂštres : 61,63 km
Cumul : 2239,35 km
Dénivelé : 507 m
Cumul : 12839 m
Physique : Dur, fatiguée
Vent : vent favorable
Météo : frais (heureusement)
Relief : valloné
Hébergement : camping 4* Druskininkai

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