J74-75 samedi 16, dimanche 17 aout 2025


Derry

Dominée par la haute ville entourée de remparts, Derry somnole en ce bel après-midi ensoleillé. Notre logement est situé en « basse ville » dans le quartier Bogside. Les maisons ouvrières s’allignent le long des rues. Ce quartier catholique fut le théâtre de terribles affrontements durant les années noires de la guerre, des années 60 aux années 90. 

Au moment de la partition de l’Irlande en 1922, Derry, majoritairement catholique, est intégrée à l’Irlande du Nord. La politique discriminatoire de Londres appauvrit et marginalise cette communauté. Chômage élevé, surpopulation, logements inadaptés, découpage électoral défavorable font monter les tensions et les haines. Les manifestations se multiplient. En 1969 les quartiers de Bogside et de Creggan s’autoproclament enclave libre de Derry. « We are now entering in Free Derry » Tensions entre armée, police et habitants sont extrêmes. Combats et barricades se multiplient.
Trois ans plus tard, le dimanche 30 janvier 1972, lors d’une manifestation pacifique demandant l’égalité des droits civiques, le bataillon de parachutistes de l’armée britannique réprime la manifestation en tirant à balle réelle sur la foule. Treize victimes innocentes sont dénombrées. Une quatorzième décèdera plus tard. Leurs portraits s’affichent encore aujourd’hui sur les façades des maisons.

Plus tard nous visiterons ce musée consacré à ces événements et à cette histoire récente. Images et témoignages poignants.

A peine passé le mur « Free Derry », un jeune homme nous interpelle. « Venez, venez voir ! » Il nous montre fièrement une colonne d’au moins dix mètres de haut constituée de palettes. « Ce soir un grand feu va illuminer la ville ! » « Nous sommes le 15 aout, c’est la fête des catholiques. »
Renseignements pris, le « Bonfire » est une tradition initialement protestante qui remonte au XVIIIeme siècle. Ils commémorent la victoire de Guillaume d’Orange sur les catholiques de Jacques II le 12 juillet 1690. Cette fête est devenu un challenge entre les deux communautés. Chacune essayant de faire le plus grand feu. Elle prend désormais une tournure politique. La colonne de palettes est couverte de drapeaux anglais, américains, israéliens, unioniste. Au sommet flotte la bannière du régiment de parachutistes responsable du Bloody Sunday.

La colonne de palettes
Une plus petite sera mise à feu également.
Le feu de joie s’est déroulé dans le calme, ambiance plutôt festive

Les remparts entourant la petite ville forment un beau déambulatoire. Pas vraiment de charme, semble pauvre et tristounette. Seul l’hotel de ville que l’on croyait cathédrale émerge. Magnifique bâtiment il tient toujours debout malgré les blessures de l’histoire. Il a résisté aux incendies et aux bombes de l’IRA.

Les remparts
L’hôtel de ville
Sur la place de l’hôtel de ville

Les jeunes musiciens de l’orchestre symphonique de l’Ulster se produisent ce soir dans la salle aux vitraux. Coco tombe sous le charme des deux violoncellistes, au premier rang de l’orchestre.

Quelques beaux vitraux de la mairie


Plus tard, plus bruyant et plus dansant la musique live du pub. Coco se fait rapidement des copines et trouve que l’une d’entre elle se rapproche une peu trop de JJ. Un autre, entre deux bières vient nous dire en français et en rigolant « J’ai un chien dans ma maison » traduction de « My taylor is rich» j’imagine… Toujours autant d’ambiance et de monde dans les pubs, que l’Irlande soit du Nord ou Eire.
Le lendemain, le musée de la Tour de Derry nous fait découvrir l’histoire de la ville mais aussi la série télévisée de Netflix « The Derry girls ». Elle se passe dans les années 90. Un bon sujet pour continuer à améliorer notre occitan-irish-anglais. Coco est déjà à fond  (c’est surtout JJ qui veut regarder la série car il a besoin d’améliorer sa compréhension)

Fresque « Derry girls » dans la ville

Dimanche 15h, le quai de la gare, direction Belfast puis changement de train pour Dublin.

Le pont piétonnier sur la Foyle.

A l’entrée de Belfast, le train s’arrête dans une gare et … ne repart plus. Au bout de longues minutes, notre correspondance est loupée et les voyageurs petit à petit descendent du train. A un quart d’heure à vélo de la gare centrale nous faisons de même. On attendra une heure et demi le prochain train. Le responsable du quai, pour s’excuser nous offre la première classe. Verre d’eau en arrivant, hôtesse présentant boissons et menu (payant faut pas exagérer !) linge chaud et humide avant de partir. Bref voyage confortable jusqu’à Dublin.
A défaut de restos qui ne servent plus au delà de 21 heures, un fish and chips (le dernier) dégusté sur les marches d’une église fera l’affaire. Un dernier pub, une dernière pinte avant de regagner notre AirBnb.
La fin annoncée du voyage approche !

Voyage en première


Météo : beau
Hébergement : AirBnb

Une réponse à « J74-75 samedi 16, dimanche 17 aout 2025 »

  1. Cc!
    Je veux pas dire mais Claudine prend super bien la pose Derry Girl 🤩
    Sympa le contrôleur du train, vs terminez sur une belle note 🙂
    On vous embrasse bien fort! 🥰😘😍

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