
J42 20 juin Etape 35 Eichenau đ©đȘ – Ulm đ©đȘ
mardi 20 juin J42
Distance : 71 km
Dénivelé + : 303 m
Cumulé : 1977 km
Cumul D+ : 10934 m
Cette nuit, il a plu. Depuis Angers, il y a dĂ©jĂ 39 jours, les vĂȘtements de pluie patientaient bien sagement au fond des bagages. Alors, il faut plier la tente mouillĂ©e, protĂ©ger les sacoches au cas oĂč les nuages menaçant sâinstallent et dĂ©gringolent Ă nouveau.
La journĂ©e sera chaude et le temps lourd. Comme hier peu de relief. Le chemin en pistes cyclables goudronnĂ©es ou en terre battue longe le fleuve qui nâen finit pas de grossir, bien alimentĂ© par de nombreux affluents.
Sur la route une auberge de pĂ©cheurs au bord dâun lac couvert de nĂ©nuphars. DâĂ©normes carpes nagent en surface. Une mĂȘlĂ©e sâengage aprĂšs chaque morceau de bretzel jetĂ©. Impressionnant
En quittant notre table, Christine nous souhaite « Bonne route ». Allemande de Stuttgart, elle a vĂ©cu en France. Avec son mari, Wolfgang câest le dernier jour d’un voyage en boucle en suivant le Danube et en passant par la source Ă Donaueschigen. Leur bonheur du jour se rapproche du notre. Pour cette derniĂšre journĂ©e et, pour lâinstant, il ne pleut pas et ils peuvent voyager agrĂ©ablement.
La capacitĂ© que nous avons Ă oublier les dĂ©tails, certaines parties dâĂ©tape, voire lâendroit oĂč nous Ă©tions la veille est impressionnante. Câest le cas avec cette Ă©tape. Quelques jours de retard dâĂ©criture, peu de notes prises pendant le parcours, il ne reste que quelques souvenirs dâune Ă©tape au bord du Danube.
Il fait encore trĂšs chaud en arrivant Ă Ulm.




Le « camping » au bord du fleuve, rĂ©servĂ© aux cyclistes et marcheurs, est un prĂ© dâune centaine de mĂštres carrĂ© gĂ©rĂ© par les membres du club de canoĂ«-kayak.
Hans nous accueille. Il est professeur, neurochirurgien Ă la retraite. De la France, il connait Toulouse et de nombreux spots de canoĂ«. A peine arrivĂ©s, il nous propose Ă boire et nous raconte Ulm et son histoire. Les fortifications dressĂ©es pour empĂȘcher la progression des troupes napolĂ©oniennes, la victoire de lâempereur contre les autrichiens sur les hauteurs de la ville Ă Echingen. Bataille dĂ©cisive pour NapolĂ©on, inscrite sur lâarc de triomphe Ă Paris.
Il nous dit la fiertĂ© des habitants de possĂ©der le plus haut clocher du monde. Avec 162 mĂštres de haut il devance celui de Cologne (Koln, Allemagne) mais risque de perdre son titre au profit de celui de la Sagrada Familia Ă Barcelone. Hans nous raconte ces «guerres de clochers» alors que se rapproche un anglais qui arrive dâIstanbul Ă destination du sud de lâAngleterre, une danoise qui parle français couramment, une française qui vit en Allemagne. Plus loin un jeune couple allemand voyage Ă vĂ©lo avec Luna, leur petite fille de 11 mois. Leur destination finale est Vienne, il est possible que nos routes se croisent Ă nouveau.
Moment agréable de convivialité que nous quittons pour visiter la ville et rejoindre le restaurant recommandé par Hans.
A peine avons-nous rejoint le centre ville que le vent sâintensifie et se transforme en violentes bourrasques. Le temps de chercher un abri et nous voilĂ trempĂ©s. La soudainetĂ© et la violence de lâorage nous ont surpris. Le tonnerre gronde, les Ă©clairs zĂšbrent le ciel et tombe une pluie diluvienne.
Et lĂ , sous notre avancĂ©e de toit, le doute sâinstalle. Avons-nous fermĂ© la tente ? JâĂ©tais certain de ne lâavoir fixĂ© que sommairement au sol. Le stress monte. Je dĂ©cide de courir jusquâau camping. AprĂšs 2 kilomĂštres sous une pluie battante, flashĂ© par les Ă©clair pour excĂšs de vitesse sur les quais, jâarrive au camping. La tente est toujours en place (OUF !) mais GROSS KATASTROPHE elle Ă©tait restĂ©e ouverte cotĂ© pluie. A lâintĂ©rieur tout est trempĂ©. Matelas, sacs de couchage, quelques vĂȘtements. JâĂ©cope avec une Ă©ponge. Le linge mis Ă sĂ©cher Ă l’extĂ©rieur est rincĂ©.
Heureusement la cuisine commune du camping est la solution de repli pour la nuit. Un sÚche-cheveux sera bien utile pour sécher les duvets.
Notre Ă©tourderie nâaura pas eu de consĂ©quences fĂącheuses et le dicton :
« ArrivĂ©e sous la pluie, Au sec sera la nuit » a pu s’appliquer et ĂȘtre respectĂ©.


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