
J115 Ă 118 01-04 septembre Bucarest đ·đŽ
Câest la derniĂšre et cinquiĂšme capitale que nous visiterons pendant ce voyage. Le bĂątiment emblĂ©matique et dĂ©mesurĂ© de la ville est le parlement voulu par Nicolae CeauÈescu, dictateur de la Roumanie communiste de 1967 Ă 1989.
La construction du plus grand bĂątiment en pierre du monde. commence en 1984 : les plans entraĂźnent lâanĂ©antissement de 1/5 de la superficie totale du centre historique de Bucarest. Cela reprĂ©sente la dĂ©molition ou le dĂ©placement d’Ă©glises, la destruction de 7 000 maisons, 40000 personnes expropriĂ©es en 2 semaines et le passage en souterrain dâune riviĂšre. Les photos montrĂ©es par notre guide « Free tour » sont hallucinantes. Le centre ville ressemble Ă Hiroshima aprĂšs la bombe.
600 architectes et 20 000 ouvriers vont travailler Ă sa construction. Les chiffres sont totalement dĂ©mesurĂ©s : 270 mĂštres de long, 240 de large, 350000 mĂštres carrĂ©s, Ă lâintĂ©rieur des rideaux de 16 mĂštres de haut, des tapis de 50 mĂštres de long (pas de machines, fait Ă la main directement sur place), plus d’un million de mĂštres cubes de marbre roumain. Tous les matĂ©riaux et tous les ouvriers sont roumains. Le projet aura coĂ»tĂ© jusqu’Ă 40 % du PIB du pays annuel pendant sa construction. CeauÈescu fut exĂ©cutĂ© avant son achĂšvement mais maintenant les Roumains payent toujours lâentretien de ce gigantesque bĂątiment. A sa mort 60% Ă©tait terminĂ©. Il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de le terminer, sa destruction et surtout le recyclage des matĂ©riaux auraient coĂ»tĂ© trop cher. Pour baisser les frais, il est louĂ© mĂȘme pour les mariages si ça intĂ©ressent certains. Ce nâest pas un monument aimĂ© des roumains (on les comprend) et ils disent quâil sâappelle la maison du peuple car câest eux qui ont payĂ© la facture.
Toutes ces infos ont Ă©tĂ© recueillies durant les 2 « Free tour » suivis. Des confĂ©renciers animent une visite dans les rues de la ville pendant 2 Ă 3 heures. Gratuits nous « payons » la visite en pourboire. Merci Antoine pour le tuyau, câest vraiment une façon agrĂ©able et instructive de dĂ©couvrir une ville. Depuis Belgrade on ne sâen lasse pas ! Pour complĂ©ter le tableau la destruction du centre ville a permis de construire une large avenue bordĂ©e dâimmeubles. Le mĂ©galo voulait une avenue comme les Champs ĂlysĂ©e visible de son balcon. Plus longue dâune centaine de mĂštres les immeubles, construits pour la nomenklatura, la bordent et la rendent impersonnelle.
La rue de la Victoire piétonne les week-ends est bien plus agréable et fréquentée.








A part cette folie mĂ©galomane Bucarest est appelĂ© le petit Paris et on a compris pourquoi. Câest un architecte parisien qui est venu construire ici Ă la fin du XIXĂšme et de nombreux bĂątiments sâinspirent ou ressemblent Ă ceux de Paris, comme le théùtre de lâOdeon, lâentrĂ©e du petit palais, lâopĂ©ra Garnier, le musĂ©e Rodin. Et sĂ»rement dâautres qui sont sous des bĂąches en rĂ©fection. Il faudra revenir dans quelques annĂ©es car rĂ©novĂ©s certains bĂątiments devraient ĂȘtre superbes. Jâaime le contraste de ces immeubles ravalĂ©s, dĂ©crĂ©pis, staliniens, rococosâŠ



















Et bien sûr, des églises, des messes et des églises encore. Les roumains sont orthodoxes et ça se voit.





Samedi câest jour de marchĂ©. En se baladant dans les petites rues loin du centre ville touristique, lâoeil de Claudine est attirĂ©e par la vitrine dâune boutique de thĂ©. LĂ©lĂ©, la propriĂ©taire dâorigine chinoise est alertĂ© par notre français. « Ah vous ĂȘtes français. Venez dĂ©guster notre thĂ©. » Et nous voilĂ dans la boutique avec LĂ©lĂ© et Liu sa maman, venue de Chine et qui parle parfaitement le français. LĂ©lĂ© est mariĂ©e Ă un roumain qui vit et travaille en France encore quelques mois. La discussion sâengage autour du thĂ©, du voyage. Liu fait une pause et joue dâun instrument traditionnel chinois, le Guqin qui ne la quitte plus depuis quâelle en joue quotidiennement. Moment exquis.
On savoure notre thĂ© en se dĂ©lectant des notes cristallines de lâinstrument.
Alors, pour la derniĂšre fois de notre voyage, nous aurons deux bonheurs du jour. Deux bonheurs.
Celui de LĂ©lĂ© est liĂ© Ă sa passion. Aujourdâhui comme les autres jours son bonheur est de faire connaitre le thĂ©, partager sa passion. Il est de recevoir dans son petit magasin pour faire connaitre les bienfaits du thĂ©, encore peu connus en Roumanie.
Mais son premier bonheur du jour fut d’Ă©couter le chant des oiseaux, ce matin, en se rĂ©veillant.
Pour Liu, chaque instant est un moment de bonheur. Elle nous dit quâelle est bouddhiste et quâelle pratique la mĂ©ditation deux fois par jour, une heure le matin et une heure en soirĂ©e. Elle vit le moment prĂ©sent comme un bonheur sans cesse renouvelĂ©.
Le voyage à vélo nous apporte ces moment de bonheur durant lequels seul le présent existe.



Question repas beaucoup de restaurants à « touristes » aussi nous avons repris notre habitude pĂątes tomates Ă lâappartement et Ă midi nous avons mangĂ© dans des marchĂ©s les fameux mici ( prononcer Mitch) sortes de saucisses, mĂ©lange de viandes hachĂ©es de porc et de beef grillĂ©s.
On les mange dans du pain avec des frites et de la salade de chou ou de poivrons grillés en buvant une biÚre locale ou une limonade (citrons pressés, eau , miel).


Quand on en a marre de la ville de grands parcs permettent de souffler ou de visiter le musée des villages.
De nombreuses maisons traditionnelles exposĂ©es qui nous donnent vraiment envie de dĂ©couvrir les multiples rĂ©gions et traditions de la Roumanie, de la Transylvanie des Carpates et de la Moldavie. (La DobrogĂ©e câest fait !)



Mais il faut bien revenir chez nous. Alors un peu triste et nostalgique il faut se prĂ©parer Ă prendre le bus. Quatre mois finalement peuvent paraĂźtre longs mais tout se passe tellement bien, entre les rencontres, les dĂ©couvertes, les envies dâailleurs, que rentrer peut sembler contraignant.
« Je rĂȘve dâun voyage oĂč lâhorizon nâaurait pas de limites. » (Ăa câest JJ qui le dit)
Revenir, ressentir le plaisir de retourner chez soi, de serrer Ă nouveau ses petits enfants dans ses bras, les Ă©couter raconter leurs derniĂšres aventures et fĂȘter les 90 ans de maman nous rendent heureux de rentrer.
Retrouver notre famille et nos amis, faire une fĂȘte vivre ce retour comme un nouveau voyage.
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