Sous le soleil de Slavkov u Brno
Slavkov près de Brno, petite bourgade de Moravie que personne ne connait … sous son nom tchèque. Et pourtant son nom autrichien Austerlitz est mondialement connu.
En effet les champs de céréales et de betteraves du plateau de Pratzen ont vu s’affronter les alliés russes et autrichiens contre les français. L’empereur russe, le tsar Alexandre 1er et l’empereur François II d’Autriche pensaient depuis le château d’Austerlitz, qu’à deux contre un, la bataille était jouée d’avance. L’histoire s’écrira différemment et la victoire du troisième empereur Napoléon 1er le 2 décembre 1805, un an jour pour jour après son sacre, allait bouleverser les frontières et les relations entre les pays européens.
Quatre jours plus tard, c’est dans ce même château d’Austerlitz que les trois empereurs se retrouveront pour signer l’armistice.
Mais attention, profite petit Napoléon, dans dix ans ce sera Waterloo…




Aujourd’hui la route vallonnée qui traverse le plateau de Pratzen est bordée de cerisiers. Ils regorgent de fruits que nous dégustons à l’ombre de leur feuillage.


La descente du plateau nous amène à Slavkov u Brna où nous nous mettons en quête d’un hébergement.
La pension d’Yvan n’est indiquée sur aucun site de réservation en ligne. Un panneau « Pension Austerlitz » nous guide devant le grand portail en métal gris d’une maison. A peine rentré et avant d’avoir vu et loué la chambre, Yvan, le propriétaire, me propose de visiter ses draisiennes. Stockées contre le mur de la maison, 4 ou 5 draisiennes, en bois et faites « maison » prennent la poussière. Depuis son accident et ses trois fractures à la jambe, il ne les a plus retouchées. Yvan est un personnage attachant, il parle un peu français. La draisienne fût sa vraie passion. Quatre fois champion du monde de course de draisienne, il a participé à quatre Paris Roubaix (73 km dont 20 km pavés), a parcouru les 450 kilomètres qui séparent Hiroshima de Nagasaki. Il a même couru le Tour des Flandres. Il nous explique : « Ce fut très dur, car il n’y a pas de freins sur les draisiennes et les pentes montantes et descendantes sont très raides. Alors pour descendre je freinais avec les pieds, mais rapidement mes chaussures ont explosé. Même chose avec la deuxième paire. Alors on m’a donné des chaussures de sécurité, elles étaient trop grandes, je ressemblais à Charlot. Elles ont fini sur la ferraille, mais j’ai terminé le tour des Flandres ».
J’avoue que lorsqu’il m’a dit qu’il avait été quatre fois champion du monde de course de draisiennes, je ne l’ai pas vraiment pris au sérieux. Et pourtant Yvan a bouclé une dizaine de marathons avec un meilleur temps de 2h37’, sept Ironman dont un en 10h13. Ce sont de vrais performances d’amateurs de très haut niveau.








Nous n’étions pas au bout de nos surprises. « Va visit le musée !» nous dit il. Au sous sol dort une collection d’armes et d’uniformes de l’époque napoléonienne, probablement utilisés lors de la bataille d’Austerlitz.
Aujourd’hui Yvan se définit comme un vieux grognard. Sa chute lors d’un entraînement sur sa draisienne mit un coup d’arrêt à ses passions.




Pour revivre la bataille d’Austerlitz, il faut revenir soit en aout (anniversaire de Napoléon) soit le 2 décembre (commémoration de la bataille).
C’est durant l’une de ces fêtes, il y a quelques années, Yvan, revêtu de l’uniforme français de l’époque, en défilant sur sa draisienne, séduisit Ria qui, aujourd’hui, partage sa vie. « Who is that crazy guy on his crasy dresin ? »
J42 Étape 34 lundi 17 juin 2024 Veverska Bityska 🇨🇿 – Brno 🇨🇿
Kilomètres : 35,64 km
Cumul : 1703,75 km
Dénivelé : 292 m
Cumul : 11174 m
Physique : Difficile de terminer l’étape
Pygalgie : Ça va
Vent : pas ou peu de vent
Météo : Très chaud.
Relief : légèrement vallonné sur le plateau et à la fin.
Hébergement : Pension Austerlitz (chez Yvan)

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