L’isthme de Courlande

On ne pouvait passer à proximité sans faire un détour par l’isthme de Courlande. Le train vient à notre rescousse et depuis Kedainiai nous filons de bon matin vers Klaipeda.
Vraiment étonnant l’Isthme de Courande.
Une bande de terre sablonneuse large de 400 mètres à 3,8 kilomètre s’étire sur 98 kilomètres. Au Sud la Russie et l’oblast de Kaliningrad, au Nord la Lituanie et la ville de Klaipeda où nous nous trouvons. Pour accéder à l’isthme il faut prendre un traversier sur 500 mètres. C’est effectivement la distance qui sépare le port lituanien de la pointe de l’isthme.

A l’Ouest, sur la mer baltique 98 kilomètres de dunes et de plages (enfin je suppose !), à l’Est la lagune de Courlande.



L’Ouest au vent doit s’agiter de temps en temps. Aujourd’hui et durant nos trois jours, pas la peine de sortir les surfs.
L’Est alimenté par l’étroit canal à Klaipeda ressemble à un immense lac de deux à quatre mètres de profondeur.
Coté Baltique, des plages et les bains de mer, coté lagune de magnifiques forêts, de belles maisons, de superbes limousines, des plaisanciers, des villages de pêcheurs devenus touristiques.




Eurovelo 10 fait le tour de la mer baltique






L’isthme de Courlande c’est le Cap Ferret lituanien, sans les embouteillages et les pins partagent l’espace essentiellement avec des bouleaux et des sapins de montagne. Tous est vert, le sol fleuri est couvert de mousse et de lichens.
Nos trois jours nous permettront d’explorer les 55 kilomètres lituaniens. Arrétes à quelques centaines de mètres de la frontière russe sur la dune de Parnidis.
A 52 mètres d’altitude le paysage lunaire dévoile les deux rivages de l’isthme et au Sud, on devine les premiers bâtiments russes.




Sculpture d’après une photo d’Antanas Sutkus capturé ici sur la dune de Parnidis.(photographe humaniste lituanien de la période soviétique)
Nous verrons une expo ce photographe, deux jours plus tard au musée de la photo de Siauliai

Vingt kilomètres plus au nord, les dunes grises, coté lagune, comme les précédentes découvrent des paysages désertiques.



Cet écosystème extrêmement sensible, protégé par l’UNESCO est déclaré parc national des deux cotés de la frontière. Cela explique la faible urbanisation – seulement 4 villages sur les 55 kilomètres – mais aussi des déplacements très réglementés. Des passages piétonniers aménagés pour les visiteurs permettent d’accéder aux plages et aux points de vue sur les dunes, la plupart des forêts sont interdites aux promeneurs et aux vélos à l’exception des sentiers balisés et aménagés.
La survie à terme de ce territoire en dépend, lui qui a failli disparaître au 16eme siècle après avoir subi une importante déforestation.
Les dunes mouvantes évoluent sous l’effet du vent. Des croix plantées dans les dunes signalent l’ancienne présence de villages ensevelis avant le reboisement et les protections dont bénéficie l’isthme depuis le 17eme siècle.






Mardi, le soleil chauffe et le premier bain rafraîchissant dans la mer baltique est particulièrement agréable.
Avant de reprendre le traversier et quitter ce petit paradis, la « colline aux sorcières » joue à nous faire peur ou sourire avec, comme partout en Lituanie, des bois sculptés. Ces troncs aux figures mythologiques baltes ou religieuses resteront pour nous le symbole de ce pays.




Fumer le poisson ne fait pas tousser. C’est délicieux et ce poissonnier a eu la bonne idée de s’installer sur notre route à la sortie du bateau.


Le train nous permet de rejoindre rapidement Siauliai.
Demain la route vers Tallinn nous attend après cette escapade balnéaire.

J69-71 dimanche 14 à mardi 16 juillet Aller-Retour sur l’Isthme de Courlande 🇱🇹Kilomètres : 134,77 km
Cumul : 2627,54 km
Dénivelé : 460 m
Cumul : 14990 m
Physique : Bien
Vent : vent faible
Météo : Beau et frais
Relief : plat
Hébergement : Chez l’habitant Pervalka
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