J28 mardi 01 juillet 2025 Doolin – Gort


Etape 23
Le vaste plateau lunaire du Burren

Parfois le ciel ouvre une fenêtre. Alors la lumière jaillit, les couleurs revivent. Les bleus, les verts refleurissent. L’Irlande retrouve son éclat. Entre deux courants d’air qui s’amusent avec les volets, j’essaie de trouver la bonne lumière.
Souvent elle se fait attendre, alors Rucio s’impatiente et je repars, maudissant le nuage qui, quelques minutes plus tard, offrira au site les rayons espérés.
Aujourd’hui notre étape traversera un paysage très minéral. Collines arrondis, roches nervurées sur une grande surface, la végétation poussant entre les failles, donnent au paysage une impression de désert lunaire.
En fait la glace qui recouvrait le Burren, il y a quelques milliers d’années, a érodé tous les schistes laissant les karst (roches calcaires) à la surface. Les glaciers se sont également déplacés et ont déposé de gros rochers appelés « erratiques ».
L’eau, le vent ont creusé des nervures où pousse une végétation unique au monde.
Changement radical avec tous les verts qui inondaient les paysages.
Cet immense pavement rocheux s’étend sur trois cents kilomètres carré.

Un erratique en noir et blanc sur la plage …
Un erratique contemple, au loin, les trois iles d’Aran

Déjeuner de luxe sur les pierres karstiques de la plage avec du saumon fumé de Burren – la spécialité locale – un fromage type bleu irlandais.
L’Irlande est aussi un pays de fromages et nous en découvrons parfois d’excellents. D’ailleurs l’épicier nous a donné un camembert local, coulant et crémeux à souhait. Durant ce repas un phoque émerge pour nous souhaiter un bon appétit et repart vers les profondeurs tandis que plus loin un groupe de dauphins ondule sur un océan parfaitement calme et lisse.

Copain de Rucio
Les domes des collines arrondis par les glaces. Incroyables kilomètres de murs courant sur la roche.
Vestige

Avant l’arrivée au petit camping « Kittys » perdu dans la nature du coté de Gort, deux arrêts vont interrompre notre progression : une ruine et une chocolaterie.
La première, une ancienne abbaye du XIIIeme siècle trône au milieu d’un cimetière. Il est fréquent, en effet, de trouver des ruines d’églises parmi les tombes d’un cimetière dont les sépultures très anciennes se mêlent aux très récentes.
Sculptures et décorations sculptées demeurent sur les murs et plafonds des restes de l’abbaye cistercienne de Corcomae. Un endroit magnétique et envoutant.


Deux à trois kilomètres plus loin, d’excellentes nourritures terrestres nous attendaient. L’hôtesse (parlant parfaitement le français) d’une chocolaterie important les fèves de chocolat, les torréfiant et fabriquant son chocolat nous fait déguster et alourdit nos sacoches de quelques tablettes.
Pour l’anecdote, dans le monde, seulement 2% des chocolateries fabriquent leur propre chocolat. Celle-ci est la seule d’Irlande, Coco en connait une deuxième, elle se trouve dans le village de son enfance à Ausson !

La baie de Galway (ville où nous serons demain soir)

Il reste une dizaine de kilomètres avant de planter la tente dans un camping un peu sauvage et baba cool.
Les pâtes à la tomate seront suivi d’un dessert chocolaté.
Soirée partagée avec deux jeunes lillois.e Julie et Antoine qui, pendant deux semaines, conduisent à gauche sur les routes d’Irlande.

Résumé
52,20 km
456 m D+

Nuageux, pas de pluie

3 réponses à « J28 mardi 01 juillet 2025 Doolin – Gort »

  1. Julie et Antoine, il fallait que ça tombe sur Claudine 😉

    Le phoque ça a du être une sacrée rencontre 😍😘😘

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    1. Manquait un Hugo ds le camping !😂
      C’est le deuxième phoque que nous voyons… de loin… Pas le temps de discuter 😀🦭🦭🦭

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  2. Avatar de frederiquehallard1
    frederiquehallard1

    JJ ah !! CE Jean Jacques… Sommité incontestée, auto-proclamée et probablement intronisée par un comité secret de stalactites, est LA référence ultime du paysage karstique, le Pape du Calcaire, le Dalaï-Lama du Tuf. Tel un druide dopé aux minéraux, déclame à pleins poumons l’histoire d’amour entre une veine de schiste calcaire et un banc de grès. Et là où l’œil du simple mortel ne voit qu’un rocher vaguement croustillant, JJ y décèle une cathédrale géologique, un opéra tectonique en dix actes.

    Coco, quant à elle, hermétiquement imperméable aux envolées lyriques de JJ sur la formation des roches calcaires s’éloigne à pas feutrés pendant que ce dernier, possédé par l’esprit d’un Louis de Launay (merci Wikipedia) sous Red Bull, disserte avec ferveur sur la stratification des couches sédimentaires. Elle attrape son téléphone et compose un numéro vital : la fameuse chocholat factory de Burren !!

    Aimé par 1 personne

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