Etape 23
Le vaste plateau lunaire du Burren
Parfois le ciel ouvre une fenêtre. Alors la lumière jaillit, les couleurs revivent. Les bleus, les verts refleurissent. L’Irlande retrouve son éclat. Entre deux courants d’air qui s’amusent avec les volets, j’essaie de trouver la bonne lumière.
Souvent elle se fait attendre, alors Rucio s’impatiente et je repars, maudissant le nuage qui, quelques minutes plus tard, offrira au site les rayons espérés.
Aujourd’hui notre étape traversera un paysage très minéral. Collines arrondis, roches nervurées sur une grande surface, la végétation poussant entre les failles, donnent au paysage une impression de désert lunaire.
En fait la glace qui recouvrait le Burren, il y a quelques milliers d’années, a érodé tous les schistes laissant les karst (roches calcaires) à la surface. Les glaciers se sont également déplacés et ont déposé de gros rochers appelés « erratiques ».
L’eau, le vent ont creusé des nervures où pousse une végétation unique au monde.
Changement radical avec tous les verts qui inondaient les paysages.
Cet immense pavement rocheux s’étend sur trois cents kilomètres carré.









Déjeuner de luxe sur les pierres karstiques de la plage avec du saumon fumé de Burren – la spécialité locale – un fromage type bleu irlandais.
L’Irlande est aussi un pays de fromages et nous en découvrons parfois d’excellents. D’ailleurs l’épicier nous a donné un camembert local, coulant et crémeux à souhait. Durant ce repas un phoque émerge pour nous souhaiter un bon appétit et repart vers les profondeurs tandis que plus loin un groupe de dauphins ondule sur un océan parfaitement calme et lisse.







Avant l’arrivée au petit camping « Kittys » perdu dans la nature du coté de Gort, deux arrêts vont interrompre notre progression : une ruine et une chocolaterie.
La première, une ancienne abbaye du XIIIeme siècle trône au milieu d’un cimetière. Il est fréquent, en effet, de trouver des ruines d’églises parmi les tombes d’un cimetière dont les sépultures très anciennes se mêlent aux très récentes.
Sculptures et décorations sculptées demeurent sur les murs et plafonds des restes de l’abbaye cistercienne de Corcomae. Un endroit magnétique et envoutant.


Deux à trois kilomètres plus loin, d’excellentes nourritures terrestres nous attendaient. L’hôtesse (parlant parfaitement le français) d’une chocolaterie important les fèves de chocolat, les torréfiant et fabriquant son chocolat nous fait déguster et alourdit nos sacoches de quelques tablettes.
Pour l’anecdote, dans le monde, seulement 2% des chocolateries fabriquent leur propre chocolat. Celle-ci est la seule d’Irlande, Coco en connait une deuxième, elle se trouve dans le village de son enfance à Ausson !



Il reste une dizaine de kilomètres avant de planter la tente dans un camping un peu sauvage et baba cool.
Les pâtes à la tomate seront suivi d’un dessert chocolaté.
Soirée partagée avec deux jeunes lillois.e Julie et Antoine qui, pendant deux semaines, conduisent à gauche sur les routes d’Irlande.
Résumé
52,20 km
456 m D+
Nuageux, pas de pluie

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